Orbite d’Hela, 2727

 

Des volutes de fumée bleu-gris serpentaient dans la coursive, se tortillant au gré des changements de pression. Des plaies suintantes dans les parois et le plafond exsudaient des rideaux boueux de fluides. Non loin de là, dans le vaisseau, le capitaine Seyfarth entendait des cris et le crépitement d’armes à feu automatiques, ponctué par le jappement occasionnel d’une arme à rayon. Il se livra à une sorte de course de haies entre les cadavres, écrasant des membres et des têtes dans le mucus qui lui arrivait à la cheville et qui semblait suinter de tous les niveaux du vaisseau. Une main gantée de métal était crispée sur la poignée improvisée d’un couteau de lancer tiré de la cuirasse qu’il portait à son arrivée. Le couteau était déjà ensanglanté – Seyfarth estimait avoir tué trois Ultras et en avoir gravement blessé deux autres –, mais il espérait enrichir son arsenal. Devant chaque cadavre, il s’arrêtait, le retournait à coups de pied, vérifiant les mains et les ceintures à la recherche d’une arme quelconque. Un slug-gun aurait parfaitement fait l’affaire.

Seyfarth était tout seul, isolé des membres de son groupe qui n’avaient pas été massacrés et qui exploraient une partie ou une autre du vaisseau. Tout se passait comme prévu. Sur les vingt membres du premier groupe d’infiltration, il aurait été très étonné que plus d’une demi-douzaine aient survécu à l’abordage du vaisseau. Évidemment, il s’était compté parmi les rescapés probables. Ce n’était pas, ça n’avait jamais été une mission suicide. Juste une opération aux probabilités de survie médiocres pour la plupart des individus concernés. Le groupe d’infiltration n’avait pas besoin de faire de vieux os ; son rôle se bornait à signaler si le vaisseau valait la peine que les vaisseaux de la Garde s’en emparent. S’ils arrivaient à démanteler les activités défensives à bord du vaisseau, créant des poches de confusion interne, tant mieux. Mais une fois le signal envoyé, le fait que l’équipe de Seyfarth survive ou non n’aurait pas une grande influence sur la suite des événements.

En réalité, les opérations se déroulaient relativement bien, se dit-il. Selon les informations – fragmentaires et pas tout à fait fiables – dont il disposait, l’assaut groupé avait essuyé une résistance plus sérieuse que prévu. Il y avait eu du déchet. Mais Seyfarth avait vu très large, afin que les pertes probables ne mettent pas en cause la réussite de l’opération. Son succès reposait sur le choc et la terreur induite : sur ce point, Seyfarth n’avait de leçons à recevoir de personne. Et les échos des tirs qui retentissaient dans le vaisseau lui confirmaient que des éléments de la deuxième vague avaient bel et bien réussi à s’introduire dans le Spleen de l’Infini, avec les slug-guns qu’ils n’auraient jamais pu faire passer en douce devant le porcko.

Ses pieds heurtèrent quelque chose.

Seyfarth s’agenouilla. L’odeur le fit grimacer. Il retourna le cadavre, faisant sortir du mucus brunâtre où il gisait une hanche détrempée sur laquelle il repéra l’éclat terni d’un slug-gun.

Seyfarth s’en empara, le secoua pour égoutter le mucus, vérifia le chargeur : plein. C’était une arme rudimentaire, faite à la chaîne avec du métal de mauvaise qualité, mais elle ne comportait pas de composants électroniques qui auraient pu souffrir de l’immersion dans les exsudais du bord. Seyfarth l’essaya en tirant dans une paroi. La balle arracha un gémissement au vaisseau. Maintenant qu’il y réfléchissait, le vaisseau gémissait pas mal, ces temps derniers – plus que ne le justifiaient des bruits structurels. Ce qui l’inquiéta vaguement, l’espace d’un instant.

Un instant seulement.

Il envoya promener son couteau, content de sentir peser dans sa main le lourd slug-gun. Il fallait du courage pour monter à l’assaut armé seulement de couteaux et de quelques gadgets, mais il avait toujours su que, s’il arrivait à s’emparer d’une véritable arme à feu, il irait jusqu’au bout.

C’était comme la fin d’un mauvais rêve.

— Vous allez quelque part ?

La voix venait de derrière lui. Ce qui n’était tout simplement pas possible : il n’avait cessé de surveiller ses arrières, et personne ne le suivait quand il s’était agenouillé dans la coursive pour récupérer le slug-gun. Seyfarth était un bon soldat : il n’était pas du genre à laisser ses arrières à découvert pendant plus de quelques secondes.

Or la voix avait l’air toute proche. Et très familière, en plus.

Il se retourna lentement, en tenant le slug-gun contre sa hanche.

— Je pensais m’être occupé de vous, dit-il.

— Je suis quelqu’un dont il faut beaucoup s’occuper, répondit Scorpio.

Il était planté là, désarmé, sans même un slug-gun. Derrière lui, tel un adulte au-dessus d’un petit enfant, se dressait la carcasse vide d’un scaphandre spatial. Seyfarth eut un retroussis de la lèvre qui trahissait son incompréhension. Le porcko avait dû se dissimuler dans l’obscurité et faire le mort. Mais cet immense scaphandre ? Seyfarth ne voyait pas comment il aurait pu passer devant sans le remarquer, ou comment le scaphandre aurait pu jaillir du bout de la coursive pendant les quelques secondes où il avait eu le dos tourné.

— Il y a un truc, hein ? fit Seyfarth.

— Si j’étais vous, je lâcherais ce flingue, fit le porcko.

Le doigt de Seyfarth se crispa sur la détente. Une partie de lui mourait d’envie de faire voler en éclats ce bâtard à tête de cochon. Une autre partie avait envie de comprendre pourquoi il pensait avoir le droit de lui parler sur ce ton.

— Je t’avais épinglé au mur pour que tu sèches, fit Seyfarth.

Pas d’erreur : c’était bien son porcko. Il reconnaissait les blessures aux endroits où il l’avait cloué à la paroi.

— Écoutez-moi, fit le porcko. Posez ce flingue, qu’on discute. Il y a des choses que j’aimerais bien savoir. Par exemple, pourquoi Quaiche veut mon vaisseau.

Seyfarth porta un doigt à son casque, comme si ça le démangeait.

— C’est lequel de nous deux qui tient le flingue, cochon ?

— C’est vous.

— Exact. Je voulais juste vérifier que tu y voyais clair. Maintenant, écarte-toi de ce scaphandre et agenouille-toi dans cette merde, d’où tu n’aurais jamais dû sortir.

Le porcko le regarda, la lumière faisant briller le blanc de ses yeux.

— Sinon ?

— Sinon, il y aura du cochon à bouffer ce soir au mess.

Le porcko esquissa un mouvement dans sa direction. Un simple geste, mais pour Seyfarth, ça suffisait. Il y avait des questions auxquelles il aurait aimé avoir une réponse, mais elles attendraient. Quand ils se seraient emparés du vaisseau, ils auraient tout le temps de se livrer à des investigations scientifiques. En fait, ça lui fournirait une occupation.

Il pressa la détente. Il ne se passa rien. Furieux, imaginant que le flingue s’était enrayé, Seyfarth jeta un coup d’œil à son arme.

Ce n’était pas l’arme qui posait un problème. Le problème, c’était son bras : deux piques avaient poussé dessus. Deux piques qui avaient jailli d’une paroi, traversé son avant-bras et émergé de l’autre côté, leurs pointes acérées ruisselantes d’un rouge rubis.

Seyfarth sentit la douleur arriver, les piques racler les os et les tendons. Il ravala la souffrance, regarda le porcko en montrant les dents.

— Joli…, essaya-t-il de dire.

Les piques se rétractèrent, et l’on entendit un affreux bruit de succion lorsqu’elles ressortirent de son bras. Seyfarth les regarda, fasciné, épouvanté, réintégrer la paroi lisse.

— Lâ-chez-ce-flin-gue, répéta le porcko en articulant comme s’il s’adressait à un débile mental.

Le bras de Seyfarth trembla. Il pointa le canon vers le porcko et le scaphandre, fit un dernier effort pour presser la détente. Quelque chose n’allait vraiment pas du tout, dans son bras. Son index eut un spasme et tapota pathétiquement la détente comme un ver accroché à un hameçon.

— Je vous aurai averti, fit le porcko.

Tout autour de Seyfarth, des piques jaillirent des parois, du sol et du plafond. Il les sentit s’enfoncer en lui, le figeant sur place. Il lâcha l’arme qui tomba, ricochant dans l’entrelacs d’aiguilles métalliques.

— Ça, c’est pour Orca, fit Scorpio.

 

 

Après cela, tout alla très vite. Le contrôle que le capitaine avait sur ses transformations locales parut s’affirmer et se raffiner à chaque élimination. C’était parfois assez écœurant à contempler. Mais il devait être infiniment plus démoralisant pour les Adventistes de voir soudain le vaisseau prendre vie et se retourner contre eux ! Ça devait leur faire un sacré choc de voir des surfaces murales, des planchers et des plafonds apparemment fixes se mettre en mouvement pour les écraser, les transpercer, les démembrer et les étouffer. Quelle atroce angoisse ils devaient éprouver en voyant les fluides qui couraient à travers le vaisseau – les fluides que les pompes à mucus s’efforçaient de contenir – se muer soudain en instruments liquides de mort, surgir sous pression, noyer des hommes qui n’en pouvaient mais, pris dans les chausse-trappes que le capitaine avait précipitamment créées. La noyade ne devait pas figurer parmi les causes de mort subite envisagées par des gens qui étaient nés et avaient toujours vécu sur Hela. Enfin, se disait Scorpio, c’était la vie : pleine de vilaines petites surprises.

La roue avait tourné, pour les Adventistes ; ils étaient à présent en très très mauvaise posture. Scorpio sentit ses forces redoubler, il puisait dans des réserves inattendues – les dernières. Il savait qu’il le paierait cher par la suite, mais pour le moment, c’était si bon de repousser l’ennemi, de faire – comme l’avait promis le capitaine – « quelques dégâts ». Le slug-gun à canon scié n’était pas adapté aux pattes du porcko, mais il en aurait fallu davantage pour l’empêcher de tirer avec. Il finit par le troquer contre un boser fabriqué à bord du vaisseau spécialement pour les porckos. Et là, comme il se plaisait à le dire à Chasm City, « ça arrachait dru ».

« N’hésitez pas à mettre le paquet, lui avait dit le capitaine. Je peux encaisser quelques désagréments par-ci, par-là. »

En s’enfonçant dans les profondeurs du vaisseau, selon les directives du capitaine, il tomba bientôt sur des agents survivants de la Ligue de Sécurité. Ils étaient commotionnés, perdus, désorganisés, mais en le voyant ils se rendirent compte que le vaisseau n’était pas encore tombé entre les mains des Adventistes et reprirent le dessus. Et quand ils surent que le capitaine était avec eux, ils se déchaînèrent. La nature du combat changea d’une minute à l’autre. Il ne s’agissait plus de conserver le contrôle du vaisseau, mais d’écraser les rares poches de résistance adventistes qui subsistaient dans les secteurs du vaisseau où le capitaine n’avait qu’un contrôle limité.

— Je pourrais les tuer, maintenant, dit-il à Scorpio. Je ne peux reconfigurer ces parties de moi-même, mais je peux les dépressuriser, ou les inonder. Ça prendrait juste un petit peu plus longtemps que d’habitude. Ou alors, je pourrais tourner l’arme hypométrique contre eux…

— À l’intérieur de vous-même ? demanda Scorpio, en se souvenant de ce qui s’était passé la dernière fois, au cours de l’exercice de calibrage.

— Je ne le ferais qu’en dernière extrémité.

Scorpio referma sa prise sur le boser. Son cœur cognait contre ses côtes, sa vue et son ouïe ne s’étaient pas améliorées depuis son réveil.

Mais rien de tout ça n’avait d’importance.

— Je vais leur régler leur compte, dit-il. Vous en avez assez fait pour aujourd’hui, capitaine.

— Je vous laisse faire, convint le scaphandre en reculant dans une ouverture parfaitement formée qui venait d’apparaître dans la paroi.

Et qui se rescella. Comme si le capitaine n’avait jamais été là.

 

 

Dans l’espace, hors du Spleen de l’Infini, l’attention protéiforme du capitaine était en partie mobilisée par les déplacements de l’arme secrète. Alors même que le combat faisait rage au milieu de lui et qu’il reprenait peu à peu le contrôle, il s’occupait de l’arme. Il n’était pas question de la déployer en vain. Pendant des années, il avait transporté en lui les quarante armes de classe infernale, les protégeant contre tout risque de vol ou de déprédation. Sa transformation était bien moins complète qu’aujourd’hui, mais il avait toujours ressenti un lien très fort avec ces armes qui avaient joué un rôle tellement central dans son histoire récente. Il en était responsable. Et puis, elles avaient été les jouets chéris de l’ex-Triumvira, Ilia Volyova. Il avait conservé une grande tendresse pour elle, malgré ce qu’elle lui avait fait. Tant qu’il garderait le souvenir d’Ilia – qui avait toujours trouvé le temps de venir lui parler, même quand il était on ne peut moins communicatif –, il ne la trahirait pas en faisant un mauvais usage du dernier de ses sombres jouets.

Les données télémétriques de l’arme secrète lui parvinrent par l’intermédiaire de multiples canaux sécurisés. Le capitaine avait déjà disposé de petites caméras-satellites espionnes autour de lui pendant l’assaut des Gardes de la Cathédrale. Ce même essaim d’yeux lui procurait à présent une communication continue avec l’arme, alors que le Spleen de l’Infini passait de l’autre côté d’Hela.

Du point de vue de l’arme secrète, Haldora occupait à présent la moitié du ciel. La géante gazeuse était un monstre rayé de chimies exotiques primitives, froides et suintantes. Ses bandes de couleur étaient tellement larges qu’on aurait pu y plonger un monde rocheux. Elle avait l’air très réelle, en vérité : tous les capteurs de l’arme secrète renvoyaient exactement les informations auxquelles on pouvait s’attendre à proximité d’une géante gazeuse. Ils flairaient la puissance cruelle de son champ magnétique, détectaient la grêle dure des particules chargées entraînées par ce champ. Même à ce grossissement extrême, les tourbillons et les panaches de l’atmosphère avaient l’air absolument convaincants.

Le capitaine avait suivi les conversations des hommes dont il avait la charge, leurs spéculations concernant l’énigme d’Haldora. Il savait ce qu’ils s’attendaient à trouver derrière ce faux monde : un mécanisme de transmission de signaux entre des réalités adjacentes, des univers entiers papillonnant comme des rubans, les mondes-branes adjacents dans cette réalité dimensionnelle supérieure de l’espace fondamental : une sorte de radio, capable de se focaliser dans le murmure de gravitons. Les détails, pour l’instant, n’avaient pas d’importance. Tout ce qu’ils voulaient, c’était entrer en contact aussi vite que possible avec les entités de l’autre côté. Le scaphandre de Morwenna était l’un des moyens possibles – peut-être le plus simple, puisqu’il était déjà ouvert –, mais on ne pouvait pas compter dessus. Si Quaiche le détruisait, il faudrait qu’ils trouvent un autre moyen d’entrer en contact avec les ombres. Quaiche avait attendu une éclipse pour envoyer sa sonde dans la planète. Ils n’avaient plus le temps d’attendre.

L’éclipse, ils devaient la provoquer afin d’exposer la machinerie, de la mettre en lumière.

L’arme commença à ralentir, adoptant sa position de tir. À l’intérieur, de graves préparatifs étaient en cours. Des processus physiques mystérieux s’amorçaient : des séquences de réactions, ténues au départ, mais montant crescendo vers une cascade irréversible. La conscience aux commandes du dispositif s’était installée dans un état de calme acceptation. Après tant d’années d’inaction, elle allait enfin faire ce pour quoi elle avait été créée. La perspective de mourir au cours du processus ne l’alarmait pas le moins du monde. Elle éprouvait seulement une microscopique étincelle de regret à l’idée qu’elle était la dernière de son espèce, et qu’aucune de ses pareilles ne serait présente pour assister à sa furieuse proclamation.

C’était la seule chose que leurs maîtres humains n’avaient jamais comprise : les armes secrètes étaient monstrueusement vaniteuses.

Scorpio était assis à la table de conférence, les sourcils froncés. Autour de lui, une poignée de seniors. Valensin s’occupait de ses blessures. Un petit matériel chirurgical tellement antique et vénérable qu’il aurait mérité d’être exposé dans un musée était étalé devant lui, sur un drap taché de sang : bandes, scalpels, ciseaux, aiguilles, flacons de pommades antiseptiques. Le docteur avait déjà découpé une partie de sa vareuse, dévoilant les blessures jumelles à l’endroit où les dagues de l’Adventiste l’avaient cloué à la paroi.

— Vous avez eu de la chance, dit Valensin lorsqu’il eut nettoyé le sang séché et commencé à enduire les plaies avec un baume adhésif. Il savait ce qu’il faisait. Il ne voulait probablement pas votre mort.

— Et vous voudriez que je fasse des bonds de joie ? Allez-y, dites-moi que j’ai eu de la chance de me retrouver embroché sur un mur, tant que vous y êtes !

— Tout ce que je dis, c’est que ça aurait pu être pire. À mon avis, ils avaient pour ordre de faire le minimum de victimes.

— Allez dire ça à Orca…

— D’accord, le gaz innervant, c’était un coup de malchance. Ils étaient manifestement disposés à tuer, mais en l’occurrence, on aurait dit qu’ils considéraient leur mission comme sacrée, une sorte de croisade. L’épée ne devait être utilisée qu’en dernier ressort. Il est vrai qu’ils devaient quand même se douter qu’ils ne pourraient pas faire autrement que de verser le sang.

Urton se pencha sur la table. Elle avait un bras en écharpe, une belle ecchymose violette sur la joue droite, mais à part ça, elle était indemne.

— La question, c’est : « Et maintenant ? » Scorp, nous ne pouvons pas rester ici, les bras croisés. Nous devons rendre la monnaie de sa pièce à Quaiche.

Le porcko tiqua alors que Valensin rapprochait deux lambeaux de peau en les pinçant et fixait une longueur de ruban adhésif en travers.

— Cette pensée m’a effleuré l’esprit, je vous l’assure.

— Et alors ? demanda Jaccottet.

— Rien ne me ferait plus plaisir que de balancer toutes nos armes défensives sur cette cathédrale, et de réduire cette saloperie en un tas de gravats fumants. Mais ce n’est pas possible, pas tant que Vasko et Khouri seront à bord.

— Si nous pouvions leur envoyer un message, poursuivit Urton, ils pourraient passer à l’action. Ils pourraient au moins trouver un moyen de se mettre en sûreté…

Scorpio poussa un soupir. Pourquoi fallait-il que ça lui tombe dessus, lui qui était le plus mal placé pour prévoir les choses ? Pourquoi fallait-il que ce soit à lui qu’incombe la responsabilité de détecter les problèmes ?

— Il ne s’agit pas de nous venger, dit-il. Croyez-moi, je suis un grand partisan de la vengeance. C’est moi qui ai inventé le mot « représailles »…

Il s’interrompit et reprit son souffle pendant que Valensin passait à son autre épaule, découpant sa vareuse de cuir pour pouvoir nettoyer la blessure.

— Mais nous sommes venus ici dans un but précis. Je ne sais pas pourquoi Quaiche avait besoin de notre vaisseau, et on dirait que les Adventistes survivants n’en ont pas la moindre idée non plus. À mon avis, nous sommes tombés dans un jeu d’influence local, probablement en rapport avec les ombres. Si tentant qu’il puisse être de faire payer ça à Quaiche, ce serait la pire chose que nous pourrions faire au regard de notre mission. Nous devons encore prendre contact avec les ombres, et la voie la plus rapide pour ça passe par un scaphandre d’acier qui se trouve dans la cathédrale Notre-Dame de Morwenna. C’est là-dessus qu’il faut que nous nous concentrions, les gars, pas sur le fait de flanquer à Quaiche le coup de pied dans le cul qu’il mériterait amplement pour avoir essayé de nous entuber. Nous aurons tout le temps de le faire par la suite, une fois que nous serons entrés en contact avec les ombres. Croyez-moi, ce sera notre priorité absolue. Et moi, je me ficherai pas mal de faire le moins de victimes possible…

Personne ne dit mot pendant un moment. Un ange passa dans la salle. Ça rappela quelque chose à Scorpio, mais il ne retrouva pas tout de suite ce que c’était. Et quand ça lui revint, ce fut une sorte de choc : Clavain. C’était le même silence chaque fois que le vieil homme achevait une de ses harangues.

— Nous pourrions quand même donner l’assaut à la cathédrale, fit Urton, tout bas. Nous avons le temps. Nous avons subi des pertes, mais nous avons encore des navettes opérationnelles. Qu’en dites-vous, Scorp : un raid ciblé sur la Morwenna, on arrive, on fonce, on s’empare du scaphandre et de nos hommes ?

— Ce serait dangereux, objecta l’un des autres membres de la LS. Khouri et Malinin ne sont pas seuls à bord. Il y a aussi Aura. Et si Quaiche la soupçonnait d’être des nôtres ?

— Il ne soupçonnera rien, fit Urton. Il n’a aucune raison.

Scorpio échappa à Valensin le temps de soulever sa manche et d’inspecter les ruines de plastique et de métal de son bloc-poignet. Il ne se souvenait pas quand il l’avait endommagé, de même qu’il ne se rappelait pas d’où venaient toutes les plaies et bosses qu’il avait reçues en plus de ses blessures aux épaules.

— Que quelqu’un établisse la communication avec la cathédrale, dit-il. Je veux parler au responsable.

— Vous ne nous aviez pas habitués à négocier comme ça, dit Urton. Vous disiez que ça ne vous avait jamais rapporté que des déceptions.

— L’ennui, fit Scorpio en acquiesçant sombrement, c’est qu’il y a des moments où on ne peut pas faire autrement.

— Là, vous vous trompez, fit Urton. Ce n’est pas une façon de régler les problèmes.

— Alors que le fait de laisser ces vingt Adventistes mettre les pieds à bord, si, peut-être ? J’avoue que ce n’était pas une idée très inspirée…

— Ils ont échappé à vos mesures de sécurité, confirma Urton.

— Je n’ai pas pu les examiner aussi sérieusement que je l’aurais voulu.

Urton parcourut ses compagnons du regard.

— Écoutez, nous vous sommes reconnaissants de ce que vous avez fait pour nous aider à reprendre le contrôle. Profondément reconnaissants. Mais maintenant que la situation est normalisée, ne vaudrait-il pas mieux que…

Le vaisseau gémit. Quelqu’un fit glisser un communicateur sur le lac sombre de la table. Scorpio l’attrapa, le passa à son poignet et appela Vasko.

Le Gouffre de l'Absolution
titlepage.xhtml
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_000.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_001.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_002.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_003.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_004.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_005.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_006.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_007.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_008.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_009.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_010.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_011.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_012.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_013.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_014.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_015.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_016.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_017.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_018.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_019.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_020.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_021.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_022.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_023.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_024.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_025.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_026.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_027.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_028.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_029.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_030.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_031.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_032.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_033.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_034.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_035.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_036.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_037.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_038.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_039.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_040.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_041.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_042.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_043.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_044.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_045.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_046.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_047.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_048.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_049.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_050.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_051.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_052.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_053.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_054.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_055.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_056.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_057.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_058.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_059.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_060.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_061.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_062.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_063.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_064.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_065.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_066.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_067.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_068.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_069.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_070.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_071.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_072.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_073.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_074.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_075.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_076.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_077.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_078.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_079.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_080.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_081.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_082.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_083.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_084.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_085.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_086.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_087.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_088.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_089.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_090.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_091.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_092.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_093.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_094.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_095.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_096.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_097.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_098.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_099.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_100.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_101.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_102.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_103.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_104.html
Reynolds,Alastair-[Inhibiteurs-4]Le Gouffre de l'Absolution(2003).French.ebook.AlexandriZ_split_105.html